Porter peut-être un geste léger.
Mais il n’est jamais neutre.
Je n’ai pas grandi avec les perles de hanches.
Elles ne m’ont pas été transmises comme un rituel familial évident.
Je les ai rencontrées plus tard, lors de mes séjours au Bénin — auprès de mes tantes, de mes grand-mères, de mes cousines.
Les perles faisaient partie du paysage.
Discrètes. Naturelles. Présentes.
Elles ne s’expliquaient pas.
Elles se portaient.
C’est ainsi que la passion est née.
Lorsque j’ai eu mon premier enfant, j’ai choisi de lui porter des perles dès son plus jeune âge.
Il a fallu expliquer ce geste, parfois le défendre, le traduire dans un environnement qui n’en partageait pas les codes.
Ce moment m’a appris que transmettre n’est pas toujours répéter.
C’est choisir consciemment ce que l’on veut faire vivre.
Je suis née en France, de parents originaires du Bénin.
Entre ces deux ancrages, j’ai longtemps cherché comment me situer sans hiérarchiser l’un ou l’autre.
Ni moitié. Ni division.
Mais une identité entière, plurielle et assumée.
Perles Africaines Cie est née de cette recherche intime.
Les perles que je sélectionne aujourd’hui sont sourcées entre le Bénin, le Ghana et le Togo.
Ce choix n’est pas uniquement esthétique. Il est responsable.
Je privilégie des circuits respectueux des savoir-faire locaux et une circulation consciente des matières.
Nommer l’origine fait partie de cette exigence.
Refuser l’effacement en est une autre.
Je ne crée pas des perles comme on suit une tendance.
Je travaille des fragments d’histoire.
Je m’intéresse aux gestes, aux transmissions, aux cycles du corps.
Aux rituels qui relient sans enfermer.
Entre héritage et présent, je construis un espace d’équilibre.
Ici, les perles ne décorent pas seulement.
Elles relient.
Elles racontent.
Elles accompagnent.
—
Xwefa
(Khwé-fa)
Prénom fɔ̀ngbè évoquant la paix dans le foyer.
